Canonisation du Frère André

 


SAINTS ET BIENHEUREUX DE CHEZ NOUS











































L’arrondissement de Saint-Laurent commémore

le lien historique qui l’unit au frère André

29 octobre 2010



La veille de la grande cérémonie qui s’est tenue au Stade olympique afin de souligner la canonisation du frère André, l’arrondissement de Saint-Laurent a tenu à marquer cet événement historique en dévoilant un panneau d’interprétation portant sur une relation importante qui existe entre Saint-Laurent et cet illustre Montréalais.

En effet, peu de gens savent que c’est à Saint-Laurent que le frère André a passé les derniers jours de sa vie terrestre. Il a en effet rendu l’âme le 6 janvier 1937 à l’Hôpital de Saint-Laurent, entouré des bons soins des Sœurs de l’Espérance de la Congrégation de la Sainte-Famille de Bordeaux qui menaient leur mission hospitalière dans une maison autrefois située à l’angle de l’avenue Sainte-Croix et du boulevard de la Côte-Vertu.



Dans un discours livré au cours de la cérémonie, le Père André Charron, c.s.c., curé des quatre paroisses de l’Unité pastorale Saint-Laurent, a souligné "l’autre lien qui unit le Frère André à Saint-Laurent : son appartenance à la Congrégation de Sainte-Croix, communauté de frères, pères et sœurs qui se sont établis à St-Laurent à leur arrivée au Canada en 1847 et qui ont contribué à son développement par la suite. Frère André a visité maintes fois le Collège de St-Laurent, l’église paroissiale St-Laurent, et il a visité des familles et des amis de Ville St-Laurent". (Note : le texte complet du discours du Père Charron se trouve sur le site www.upsaintlaurent.org au dossier Canonisation du frère André)






Après la cérémonie, M. Henri Savard explique au Père Charron qu’il a assisté celui qui deviendra plus tard évêque à Cap-Haïtien, Mgr Albert Cousineau, c.s.c., venu donner le sacrement des malades au Frère André, peu avant son décès. M. Savard, toujours résident de Saint-Laurent, avait alors 15 ans et était servant de messe à l’église Saint-Laurent. Avant et après la cérémonie, M. Savard fut sollicité en entrevue par de nombreux journalistes désireux d’entendre ce témoin des dernières heures de Frère André.






Ce 29 octobre 2010, la Cité et l’Église se sont rencontrées pour célébrer "saint André-Bessette : un frère, un ami, un saint! Merci à Ville Saint-Laurent de le reconnaître à son tour", a conclu le Père Charron en terminant son discours.


Au monument du Saint Frère André,

à Saint-Laurent, le 29 octobre 2010



Distingués invités,

distingués officiers et représentants de l’Arrondissement Saint-Laurent,


Le lien qui unit le Frère André à Ville Saint-Laurent, c’est principalement l’événement de son hospitalisation et celui de sa mort qui se sont passés en ce lieu précis où est situé ce monument. Ce lieu était celui du premier hôpital de Saint-Laurent ouvert en janvier 1922 dans la Maison Saint Joseph des Sœurs de l’Espérance, la branche hospitalière et canadienne de la Congrégation de la Sainte Famille de Bordeaux. Des religieuses de cette congrégation sont ici présentes.


L’Hôpital de Saint-Laurent avait 16 lits répartis dans l’imposante maison à deux étages, que les sœurs avaient obtenue d’Édouard et de Joseph Gohier. Le Frère André a été hospitalisé, le soir du 31 décembre 1936, dans une petite chambre du rez-de-chaussée à droite du vestibule. Il y a été soigné par les Sœurs de l’Espérance. Il y est mort le 6 janvier 1937 à minuit et 50 minutes. C’est ici que des sculpteurs ont pris l’empreinte de plâtre de sa figure, qu’on retrouvera en plusieurs statues. C’est ici qu’on a prélevé le cœur, à la demande de Mgr Georges Gauthier, évêque de Montréal, selon une coutume instaurée pour les rois de France et des saints comme sainte Thérèse d’Avila. C’est ici que Frère André fut exposé dans le parloir de la communauté. C’est ici qu’ont défilé plus d’un millier de personnes pour lui rendre hommage, le premier jour, avant que le cortège funèbre ne quitte l’hôpital pour l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal à 16 heures.


L’autre lien qui unit le Frère André à Saint-Laurent est son appartenance à la Congrégation de Sainte-Croix, communauté de frères, pères et sœurs qui se sont établis à St-Laurent à leur arrivée au Canada en 1847 et qui ont contribué à son développement par la suite. Frère André a visité maintes fois le Collège de St-Laurent, l’église paroissiale St-Laurent, et il a visité des familles et des amis de Ville St-Laurent.


Pour nous, pères, frères et sœurs de Sainte-Croix, c’est une grande fierté de voir un des nôtres, le Frère André, être reconnu saint par la population dès son vivant et à sa mort, puis déclaré saint en 2010 par des commissions d’experts, le pape et l’Église universelle.


Le Frère André était un pauvre qui, dès les premières années de sa jeunesse, a essayé de se sortir de sa pauvreté, a été apprenti de plusieurs métiers, a tenté sa chance de 18 à 22 ans jusqu’aux Etats-Unis, mais la santé n’y était pas. Une fois entré dans la Congrégation de Sainte-Croix, il s’est vite occupé des gens mal en point, malades, pauvres, ou sans travail. Il a été l’homme de compassion qui aidait les autres, était à leur écoute, leur apportait soulagement et réconfort et parfois une guérison inexpliquée. Homme de foi, il a suscité la confiance, il a inspiré la confiance. Il remettait les gens debout. Il a été l’homme du refus de la misère, de la victoire sur la misère.


Tout cela se nourrissait à la spiritualité, à l’exemple et à la force d’un homme simple et serviteur comme lui, Joseph de Nazareth. Il a rêvé de faire fréquenter et prier saint Joseph par la foule. Aller à Dieu par Joseph. Pour son projet de sanctuaire, il a été visionnaire. Il a porté son rêve avec détermination. Il a été tenace et fin stratège. Cet homme simple a été l’instrument de grandes choses. Il les a réalisées avec conviction, dynamisme et l’humilité de l’homme de service.


C’est le rôle des saints d’ouvrir des chemins vers Dieu. Par son accueil, par sa manière d’être, de parler et d’agir, il a ouvert le chemin de la redécouverte de la bonté de Dieu, le chemin de la miséricorde de Dieu, puis le chemin de l’espérance, le chemin de la vie retrouvée. Oui, il a remis beaucoup de gens debout.


Saint Frère André: un frère, un ami, un saint. Merci à Ville Saint-Laurent de le reconnaître à son tour.



André Charron c.s.c. curé des quatre paroisses de l’Unité pastorale Saint-Laurent



LE FRÈRE ANDRÉ


Tout a commencé très modestement. Une petite chapelle de quelques places, dans la montagne, où l’on pouvait venir prier. Le Frère André était portier au collège Notre-Dame. Une tâche bien ordinaire qui ne requérait pas de diplôme… Personne n’aurait pu prédire qu’il allait être à l’origine d’une œuvre aussi grandiose. Une présence qui se développerait et porterait du fruit durant cent ans, et qui, cent ans plus tard, n’aurait rien perdu de sa pertinence.


En effet, l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal occupe une place très importante dans le paysage à la fois québécois, canadien et américain. Plus de deux millions de visiteurs et de pèlerins se déplacent chaque année pour rencontrer le Frère André et son ami saint Joseph. Quand on demande aux gens : Que venez-vous faire à l’Oratoire? Les gens répondent spontanément qu’ils viennent rencontrer le Frère André. D’une manière, le bienheureux est toujours bien vivant dans ces lieux et dans le cœur des pèlerins.


Ce sanctuaire situé à flanc de montagne, offre une kyrielle de services liturgiques habituellement offerts dans de tels lieux. Étant donné la multiplicité des attentes, on y retrouve : un carrefour d’accueil des pèlerinages, un bureau de consultation, un jardin pour la méditation, un centre de recherche ainsi qu’un service d’hébergement et de restauration. Tout concourt à rendre le pèlerin à l’aise dans sa quête spirituelle.


Qui est-il ce Frère André? Il sait à peine signer son nom et sa santé est si délicate…murmurait-on, un peu comme pour justifier le peu d’estime qu’on lui portait à l’époque… et pourtant, il portait un rêve devenu réalité. Aujourd’hui on le proclame, on le vénère, on a recours à lui en diverses occasions et pour diverses raisons. Il sera bientôt canonisé, comme l’espérent du plus progfond du cœur celles et ceux qui ont confiance en lui.


Son nom de baptême est Alfred Bessette. Il est né le 9 août 1845 à Saint-Grégoire d’Iberville. Il est bien de chez nous. Il est le huitième enfant d’une famille de douze. Tellement fragile à la naissance, on le baptise sous conditions. À  neuf ans, il perd son père et trois ans plus tard sa mère. Plus vieux, il cherche du travail dans les villages voisins puis, il part travailler, comme de nombreux Québécois, dans les usines de textile de la Nouvelle-Angleterreé Il revient chez lui en 1867. Il entre dans la Congrégation de Sainte-Croix en 1870 et travaille comme portier au collège Notre-Dame pendant près de quarante ans.


Il meurt à l’âge de 91 ans, le mercredi 6 janvier 1937, jour de l’Épiphanie et journée consacrée à saint Joseph. Lui, si frêle, d’une santé si fragile, a presque fêté un centenaire. Le 23 mai 1982, il est béatifié à Rome par le page Jean Paul ll. Il est proposé comme modèle à tous les Canadiens. Et le 17 octobre prochain Benoît XVl le proclamera saint et modèle pour l’Église universelle.

Yvon Cousineau, c.s.c.


DOSSIER SUR LA CANONISATION DE FRÈRE ANDRÉ


LE FRÈRE ANDRÉ DEVIENT SAINT


Le Frère André est né le 9 août 1845 à Saint-Grégoire-d’Iberville. Son prénom de baptême est Alfred. Il est le huitième enfant d’une famille de douze. À neuf ans, il perd son père et trois ans plus tard sa mère. Jeune, Alfred cherche du travail dans les villages voisins puis il part travailler, comme de nombreux Québécois, dans les usines de textile de la Nouvelle-Angleterre. Il revient chez lui en 1867. Il entre dans la Congrégation de Sainte-Croix en 1870 et travaille comme portier au collège Notre-Dame pendant près de quarante ans, tout en portant un grand rêve.

Le frère André tient sa dévotion à Saint-Joseph de sa mère Clothilde Foisy. Il se reconnaissait en Saint-Joseph, pauvre, travaillant et exilé. On lui attribue les premières guérisons miraculeuses quand il avait 30 ans. Sa renommée grandit sans cesse et dépasse les frontières du Québec.

En 1904, avec des amis, le frère André fait ériger un oratoire en l’honneur de Saint-Joseph. Il s’y installe et y demeure jusqu’à sa mort. Son rêve, petit oratoire à l’origine, devient un jour basilique inaugurée le 19 mars 1955. D’autres continuent son œuvre aujourd’hui.

Il meurt à l’âge de 91 ans, le mercredi 6 janvier 1937, jour de l’Épiphanie et journée consacrée à Saint-Joseph. Le 23 mai 1982, il est béatifié à Rome par le pape Jean-Paul II. Il est proposé comme modèle à tous les Canadiens et le 17 octobre il sera proposé comme modèle au monde entier.

Yvon Cousineau, c.s.c.

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Le Frère André, sa vie, son œuvre (2)

 

Une spiritualité pleine de tendresse


Le Frère André n’a pas laissé concrètement de traces écrites de sa spiritualité car il sait à peine signer son nom. Nous devons nous en remettre aux quelques lettres à sa famille, aux témoins de sa vie, à sa biographie officielle, aux objets de piété laissés dans sa chambre et son bureau où il accueillait les gens.

Homme d’accueil, de foi, de prière, de compassion en plus d’être un bâtisseur et un rassembleur, voilà ce qui le caractérise. Il nous laisse un héritage spirituel et des valeurs humaines sur lesquelles on peut toujours s’arrimer aujourd’hui.

Le Frère André voit en Dieu un être d’amour, de miséricorde et de bonté. Pour se référer à Dieu le Père, il utilise l’expression des gens de son époque le bon Dieu, un Dieu à la fois Tout-Puissant et capable de pardon. Pour lui, être chrétien engage toute une vie, demande du courage et ne se comprend que par une constante adhésion à Dieu. La sainteté, ça n’arrive pas comme un coup de fouet, disait-il à un de ses confrères.

Et quand il prie Dieu, il s’adresse à lui comme à un ami et met en Dieu toute sa confiance. Le Frère André nous invite à emprunter cette voie de la confiance en Dieu. Les gens s’inquiètent pour rien… le secours leur viendra, en temps et lieu, de la part du bon Dieu.  Il a puisé cette connaissance des choses divines à partir d’une intense relation à Dieu et aux autres.

Le Frère André présentait Dieu comme un père proche de nous. Il y a si peu de distance entre le ciel et la terre que Dieu nous entend toujours. Il confie à Dieu les souffrances des pauvres, des malades, des affligés. Il reproche aux religieux et aux prêtres de trop mettre l’accent sur la justice divine et pas assez sur sa miséricorde.

À l’exemple de Jésus, il souligne que nous devrions vivre en communion d’amour et d’action avec chacun de nos frères et sœurs. D’une façon surprenante pour son époque, il a un grand respect des personnes de croyances et de traditions religieuses différentes des nôtres. Notre Seigneur est notre grand frère… nous devons par conséquent nous aimer les uns les autres comme les membres d’une même famille.

Pour le Frère André, le ciel n’est pas seulement réservé aux saints mais à tous ceux qui font leur possible. Dieu veut notre bonheur, c’est clair pour lui. Ce n’est, certes pas, un grand théologien mais, il sait expliquer en des mots simples et par des exemples concrets, tirés de la vie de la Sainte Famille ce qu’est la vie en Dieu.

Le Frère André était et demeure toujours un livre ouvert par ses paroles, ses gestes, ses guérisons. Il a su parler en son temps et il est toujours vivant aujourd’hui. Allez à Joseph, voilà un chemin sûr pour arriver à Dieu avec un cœur plein de joie.

Yvon Cousineau, c.s.c.




De nombreuses publications ( volumes, CD, films, etc.) sont présentement disponibles pour nous permettre de mieux connaître le Frère André. Voici quelques références :


1- Frère André disait souvent, recueil de paroles et de gestes inspirés et porteurs d’espérance, tels que rapportés par ses amis. Regroupés par thème et rappelant les circonstance par Mario Lachapelle, c.s.c., Fides, 2010


2- Frère André, un saint parmi nous, biographie de l’auteur et socio-historienne Françoise Deroy-Pineau, rééditée chez Fides, 2010


3- Frère André, le saint de l’Oratoire, pour les enfants de 8 à 13 ans. Textes de Françoise Deroy-Pineau, illustrations de Robert Julien, Médiaspaul, 2010. Cet album permettra aux jeunes de découvrir le Québec de l’époque.


4- Neuvaine de prières avec le frère André, œuvre du Père Jean-Yves Garneau, Médiaspaul, 2010. Selon le format classique de cette dévotion populaire si chère à frère André, cet ouvrage favorise une préparation spirituelle simple et intense en vue de la grande célébration de la canonisation, le 17 octobre 2010.


5- Prier avec  frère André- recueil de 30 prières originales rédigées par Sylvain Lupien, Fides, 2010. On y propose des prières dans un lagage simple, accessible, idéal pour accompagner les croyants qui souhaitent renouveler leur prière à frère André. La prière officielle de la canonisation est offerte en guise d’introduction. Un CD accompagne ce livret pour permettre une méditation inspirée.


6- Biographie de Frère André, de Jacques Gauthier, éditions Le livre ouvert et distribué par Médiaspaul, 2010


7- Portier de Dieu-saint André de Montréal – documentaire (19,95$ en pré-vente) distribué par Sel+Lumière - info@seletlumieretv.org


8- Le Frère André- l’histoire de l’obscur portier qui allait accomplir des miracles. Micheline Lachance, Éd. De l’Homme (réédition mars 2010)


9- Album officiel de la canonisation de frère André, Fides, 2010 (disponible le 17 octobre)


10- Prions en Église, édition spéciale pour la messe au Stade olympique du 30 octobre- Novalis. Commande www.novalis.ca ou 514-278-3020.


Informations concernant ces volumes : site www.saint-joseph.org

Boutique express de l’Oratoire - 514-733-8211, poste 2862



Site intéressant :  www.seletlumieretv.org/frereandre



Le Frère André, sa vie, son œuvre (3)

 

Le thaumaturge du Mont-Royal


Après son séjour au collège Notre-Dame, le Frère André accueillera les gens dans son petit bureau, de six à huit heures par jour, qu’il fasse beau ou mauvais et cela durant au-delà de vingt-cinq ans. Quelle patience et quelle belle écoute des malades, des petits et des pauvres qui se présentaient à lui. Et c’est lui qui disait souvent. C'est étonnant, on me demande souvent des guérisons, mais bien rarement l'humilité et l'esprit de foi… Avez-vous la foi? Croyez-vous que le bon Dieu peut faire quelque chose pour vous? Allez vous confesser au prêtre, allez communier, vous reviendrez me voir ensuite. N’est-ce pas ressemblant au Seigneur qui avait envoyé les dix lépreux voir les prêtres.

Si vous passez par l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, vous pourrez voir des centaines et centaines de béquilles, de cannes, de corsets et d'ex-voto, laissés par les infirmes guéris par l'intercession du Frère André. Personnellement, les plus beaux miracles ce sont les gens qui repartent avec un regain d’espérance, une guérison intérieure ou une conversion. Ces miracles intérieurs ne pourront jamais être dénombrés. C’est Joseph qui agissait par l'humble portier du Mont-Royal.

Qui l’eut cru qu’un pauvre orphelin malade et sans instruction serait à l'origine du plus grand sanctuaire consacré à saint Joseph en Amérique du Nord et, qui plus est, du monde entier? Qui l’eut cru que ce petit homme ait pu ériger un si beau monument sur la montagne?

Rien ne laissait présager qu'il deviendrait le religieux québécois le plus aimé de son temps. C’est sa grande foi en saint Joseph qui lui confère ses dons de guérisseur qu'il mettra au service de milliers de gens. Le plus beau des miracles, c’est ce sanctuaire bien ancré dans le roc du mont Royal. Un peu comme le sang circule dans nos veines ainsi des millions de pèlerins circulent dans les nombreux corridors de ce lieu sacré. Voilà le grand rêve du Frère André!

Mais quel est le secret du thaumaturge du mont Royal? Rappelez-vous Jésus mettant de la boue sur les yeux de l’aveugle et les demandes du Frère André disant : Frottez-vous avec de l'huile de saint Joseph, portez une de ses médailles et priez pour lui. Il répétait sans cesse aux malades : Ce n’est pas l’huile qui est importante, c’est la foi que vous avez en Dieu. Cependant, il faut que votre foi se dise par un geste.

     Chaque fois qu’une personne est guérie ou soulagée, le Frère André en attribue le mérite à saint Joseph. En fait, il se présente comme une sorte de héraut des malades et des souffrants, un intercesseur auprès de Joseph qu'il vénère depuis sa tendre enfance.

Saint Frère André, priez pour nous.


Yvon Cousineau, c.s.c.


Un saint de chez nous



La canonisation du Frère André, qui aura lieu le 17 octobre, est pour la Congrégation de Sainte-Croix et pour l’Église de Montréal une source de joie, de reconnaissance et de fierté. Comment peut-il en être autrement?

Cette canonisation nous fait prendre conscience que la sainteté n’est pas réservée qu’à des personnes d’exception qui jouissent d’un charisme particulier. Même si nous savons que nous sommes tous appelés à la sainteté, comme nous le rappelle souvent saint Paul, nous avons de la difficulté à croire que la sainteté est à notre portée. Faut-il en trouver la raison chez les saints de notre enfance ou de notre dévotion qui ont une reconnaissance universelle et une vie souvent hors du commun?

Avec le Frère André, la sainteté prend un visage familier aux traits de chez nous. Il nous dévoile que la vie au quotidien, faite d’actions ou d’activités souvent simples, répétitives, banales, peut être chargée d’un dynamisme extraordinaire que lui apporte l’amour de Dieu et la réponse que nous lui donnons.

Le Frère André avait beaucoup en commun avec les pauvres gens de son temps. Il a connu l'insécurité des sans travail. De santé fragile, sans grande instruction, aux habilités limitées, bon pour un travail simple, rien ne le sortait du rang si ce n’est sa dévotion à saint Joseph en qui il avait une totale confiance. Rien, si ce n’est sa compassion envers les plus souffrants, sa bonté pour les malades qu'il aimait réconforter et leur donner espérance en les confiant à la protection de saint Joseph. «Il était comme eux » disait-on.

Devant la renommée que son action caritative engendrait et les inquiétudes que son projet de sanctuaire causait, il restait humble et confiant. Il s’effaçait. «Ce n’est pas mon œuvre, c’est l’œuvre de saint Joseph.»

C'est le rôle des saints d’ouvrir un chemin vers Dieu. Par leur façon d’être, de dire et d’agir, il nous rappelle qu’au-delà du présent il y a quelqu'un qui nous attend sur l’autre rive de la vie. C'est ce que le Frère André faisait. Par son accueil de ceux qui souffraient, son attention, sa bonté, son huile de saint Joseph pour les malades, il ouvrait le chemin de l’espérance, le chemin du repentir, le chemin de la miséricorde de Dieu, le chemin d’une vie retrouvée.

Au dessus du tombeau du Frère André, on peut lire ces trois mots latins : Pauper, servus et humilis, tirés du Panis Angelicus. Pauvre, serviteur et humble. Toute sa vie est ainsi résumée.

Sur notre tombe quels mots pourraient être gravés qui résument notre vie? Est-ce qu'ils indiqueraient que nous avons aussi emprunté la route de la sainteté? La canonisation du Frère André est une grâce pour notre Église. Elle peut l’être pour chacun et chacune d'entre nous si nous apprenons à mieux vivre notre vie chrétienne à son exemple.

Jean-ClaudeTurcotte
Archevêque de Montréal

(Courriel du mercredi 6 octobre 2010,  Vol.lV no.31)



Extrait de l’homélie du pape Benoît XVI

lors de la messe de canonisation du Frère André


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Frère André Bessette, originaire du Québec, au Canada, et religieux de la Congrégation de la Sainte-Croix, connut très tôt la souffrance et la pauvreté. Elles l’ont conduit à recourir à Dieu par la prière et une vie intérieure intense. Portier du collège Notre Dame à Montréal, il manifesta une charité sans bornes et s’efforça de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui. Très peu instruit, il a pourtant compris où se situait l’essentiel de sa foi. Pour lui, croire signifie se soumettre librement et par amour à la volonté divine. Tout habité par le mystère de Jésus, il a vécu la béatitude des cœurs purs, celle de la rectitude personnelle. C’est grâce à cette simplicité qu’il a permis à beaucoup de voir Dieu. Il fit construire l’Oratoire Saint Joseph du Mont Royal dont il demeura le gardien fidèle jusqu’à sa mort en 1937. Il y fut le témoin d’innombrables guérisons et conversions. «Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves» disait-il, «demandez plutôt la grâce de bien les supporter». Pour lui, tout parlait de Dieu et de sa présence. Puissions-nous, à sa suite, rechercher Dieu avec simplicité pour le découvrir toujours présent au cœur de notre vie ! Puisse l’exemple du Frère André inspirer la vie chrétienne canadienne !

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 Le Frère André, sa vie, son œuvre (4)


Comment devient-on un saint?


Déclarer quelqu’un saint, c’est inscrire un bienheureux au catalogue des saints. De plus, le Pape autorise alors un culte dans l’Église universelle. Mais avant tout cela, il y a un long processus.


On le déclare vénérable

De son vivant, la réputation de sainteté du Frère André est l’opinion générale manifestée publiquement de façon naturelle et continue. Dès novembre 1940, S.E. Mgr Joseph Charbonneau met en place un tribunal diocésain afin d’étudier sa vie afin que l’Église reconnaisse sa vie vertueuse et les miracles réalisés par le serviteur de Dieu en le déclarant vénérable. Le Pape Paul VI  le déclare vénérable en 1978. Le Frère André est digne de recevoir un culte local.

on le déclare bienheureux

De 1940 à 1960, le Vatican poursuit des recherches sur la vie du Frère André, ses écrits, ses paroles transmises par des témoins et sa spiritualité. En 1960, la cause relève de Rome. Le procès apostolique sur les vertus du Frère André est ouvert en 1962 ainsi que sur ses miracles en 1965. Il est déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II en 1982 à Saint-Pierre de Rome. Le Frère André peut faire l’objet d’un culte plus généralisé.

On le déclare saint

En 2005, une enquête est menée par le diocèse de Montréal et une guérison inexpliquée lui est attribuée. Le dossier est complété et est envoyé au postulateur à Rome. Suivra le procès de canonisation. L’accusation et la défense s'affrontent. Le postulateur de la cause tente de montrer que le bienheureux est digne d'être canonisé, tandis que le promoteur de justice nommé l’avocat du diable tente de prouver le contraire.

Après un long cheminement auprès de diverses instances, le pape Benoit XVI autorise la promulgation d’un décret reconnaissant le miracle attribué au bienheureux Frère André, ouvrant ainsi la voie à sa canonisation. À cette étape, le Frère André pourra faire l'objet d'un culte universel.

Puis, c’est la fête !

Le 17 octobre dernier, dans une atmosphère de joie le pape Benoît XVI annonçait à Rome, en présence d’un grand nombre de personnes et devant les cardinaux, la canonisation du Frère André. Ce dernier peut maintenant faire l’objet d’un culte universel. Goûtez et voyez ce qu’est devenu le grand rêve du saint Frère André.

Yvon Cousineau, c.s.c


Le Frère André, sa vie, son œuvre (5)

 

Le Frère André, un peu partout



Le rayonnement du Frère André ne se limite pas uniquement à Montréal, à sa province et à son pays. Déjà de son vivant, il était non seulement connu, mais aussi reconnu comme un saint un peu partout. Sa famille religieuse, la congrégation de Sainte-Croix est répandue à travers le monde. Les pères, les frères et les sœurs de Sainte-Croix œuvrent dans près de vingt pays : Canada, États-Unis, Haïti, Mexique, Chili, Pérou, Brésil, France, Italie, Irlande, Ghana, Tanzanie, Ouganda, Kenya, Mali, Philippines, Vietnam, Inde, Bangladesh. Dans chacun de ces endroits, on connaît bien le Frère André. En effet, plusieurs écoles tant francophones qu’anglophones portent le nom de Frère André. On en retrouve au Québec, en Ontario, en Haïti, en France, en Inde, en Ouganda, au Bangladesh, etc.


J’ai rencontré madame Nathalie Dumas, directrice de la revue de l’Oratoire Saint-Joseph qui a bien voulu me faire une courte description de trois œuvres à travers le monde.


► Depuis 1984, André House est la maison des sans-abri et de toutes personnes dans le besoin de la ville de Phoenix, en Arizona aux États-Unis. André House ouvre ses portes à des centaines de personnes chaque jour offrant des services de base : repas, vêtements, douches, couvertures. Le personnel et les bénévoles de André House offrent leur hospitalité, leur attention et leur affection à toutes les personnes qui franchissent le seuil de la maison. (voir www.andrehouse.org)


► En Amérique du Sud, les religieux et les religieuses de la famille de Sainte-Croix établis dans la paroisse El Señor de la Esperanza à Canto Grande, au Pérou, ont ouvert la Polyclinico Hermano Andrés. Cette clinique placée sous le patronage du Frère André offre à coût modique d’excellents soins de santé et d’éducation aux résidents de ces faubourgs défavorisés de Lima.


► En Inde, à Bodhjungnagar dans l’État du Tripura, Blessed André Mission regroupe une école, un dispensaire, deux foyers de jeunes, un orphelinat, une église et des services pastoraux divers offerts par les religieux de Sainte-Croix. Cette paroisse du diocèse d’Agartala est un centre d’apostolat important de la Congrégation rattaché à la Province Sainte-Croix du Nord-Est de l’Inde.

Pour plus d’informations, je vous invite à aller visiter les sites Internet francophones ou anglophones en inscrivant congrégation de Sainte-Croix ou Congregation of Holy Cross. Bonne visite.

Saint Frère André, priez pour nous.

Yvon Cousineau, c.s.c.































 

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photo Clément Roy

Le Père André Charron avec le grand reliquaire du Saint Frère André,

prêté par l’Oratoire Saint-Joseph, lors de l’onction des malades à la résidence St-Moritz.


photo de Louise Laberge

10 février 2012