Cercle des fermières

 

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Homélie pour le 70e anniversaire du Cercle des Fermières de St-Laurent, le 12 mai 2012

 

CERCLE DE FERMIÈRES – SAINT-LAURENT


Les Cercles de Fermières du Québec forment un organisme autonome, sans but lucratif, apolitique, regroupant les femmes tant du milieu rural qu’urbain, sans distinction de classe sociale.

Les Cercle de Fermières du Québec, fondés en 1915,  sont plus vivants que jamais malgré leurs 90 ans! Leur riche histoire s’est construite au fil d’une constante évolution qui n’a jamais renié le passé, dans un heureux mélange d’ouverture d’esprit et de valeurs sûres. On y vise depuis toujours l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille ainsi que la transmission du patrimoine culturel et artisanal.

Le mot "Fermières" témoigne des racines de la plus grande Association de femmes de la province de Québec. De nos jours, plus de 98% des 38 000 membres n’habitent pas sur des fermes.


Que font-elles donc, aujourd’hui, dans milieu urbain du XXle siècle?

Par les divers moyens suivants :

♣le partage des connaissances et la défense des droits des femmes et des familles sur la place publique,

♣la diffusion d’informations et de l’organisation de conférences, dont le Congrès annuel qui attire en moyenne un millier de membres,

♣la publication du magazine des CFQ l’Actuelle

♣l’engagement concret dans certains dossiers sociaux touchant la condition des femmes et de la famille,

♣le bénévolat dans la communauté,

♣la confection de vêtements pour les hôpitaux et les maisons d’hébergement,

♣les activités de financement pour différentes causes sociales,

♣la solidarité avec les femmes du monde entier par des projets spéciaux de l’Associated Country Women of the World dont le mandat est de financer des projets à travers le monde pour aider les femmes pauvres à changer leur avenir ainsi que celui de leurs enfants,

♣les cours de base et de perfectionnement en tissage, tricot, broderie, couture,

♣le programme d’artisanat jeunesse dans certaines écoles primaires et secondaires,

♣les concours provinciaux d’arts textiles,

♣les publications de cahiers d’artisanat textile et de volumes sur des techniques spécifiques,

♣publications de livres de recettes,  dont la populaire série « Qu’est-ce qu’on mange?"- un succès de librairie sans égal au Québec.

Pour en savoir plus sur les Cercles de Fermières du Québec, visitez le site :

http://www.cfq.qc.ca/a_la_une/index.asp



Le Cercle de Saint-Laurent

Fondée en 1942, le Cercle de Saint-Laurent est une association vouée à l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille ainsi qu’à la transmission du patrimoine culturel et artisanal.

Le Cercle Saint-Laurent tient ses réunions mensuelles le premier lundi de chaque mois au Centre des Loisirs de l’arrondissement Saint-Laurent, 1375, rue Grenet, Saint-Laurent. Les membres se rencontrent aussi :

♣le mercredi après-midi pour l’artisanat et le bricolage

♣le jeudi soir pour l’atelier de tissage.


Informations : Claire Terroux, comité communications   514-744-1347


Homélie pour le 70e anniversaire

du Cercle des Fermières de St-Laurent

le 12 mai 2012

Les associations volontaires

à l’origine de l’organisation et du travail

des communautés chrétiennes



Vous avez choisi comme liturgie celle du jour, le 5e samedi de Pâques. Les deux textes bibliques de cette liturgie sont en lecture continue de jour en jour au temps pascal. À première vue, ils ne sont pas accordés à la réalité que le Cercle des Fermières célèbre aujourd’hui. Il faut donc les resituer dans leur contexte d’origine pour les bien comprendre et saisir ce qu’ils nous disent de la Parole de Dieu pour aujourd’hui.


La Bonne Nouvelle du projet de Jésus, l’Envoyé de Dieu


Le Livre des Actes des Apôtres, donné en première lecture, est le livre qui raconte les débuts du travail des apôtres, de l’expansion de la foi chrétienne et de l’organisation des communautés en Églises des années 30 à 60 du premier siècle. Paul, après sa conversion et sa retraite de 3 ans pour étude de la foi chrétienne, voyage beaucoup avec ses deux compagnons Barnabé et Timothée pour y porter la Bonne Nouvelle (Actes 16, 1-10). Il rassemble du monde pour réaliser le projet de Jésus de Nazareth, le Règne de Dieu. Ce que Jésus appelait le «Règne de Dieu», ce pour quoi il a travaillé et s’est donné jusqu’au bout de son engagement, c’est l’édification du règne de l’intention de Dieu sur le monde, le règne de la réconciliation, de la justice, de l’amour, de la paix. C’est la restauration d’un monde à remettre à neuf, la bonne gestion des rapports entre les humains, le rétablissement de la dignité humaine jusqu’à faire des actions extraordinaires pour soulager les misères de toutes sortes. Il a demandé à ses disciples, il nous a demandé de continuer son projet pour que le monde réussisse, pour que l’humanité atteigne sa pleine humanité. Il nous a même demandé d’être efficaces en cela, de faire fructifier nos talents, de produire du fruit. Et il est ressuscité, c’est-à-dire qu’il est toujours vivant, premier-né d’entre les morts, premier arrivé à l’état définitif du Royaume, du Règne de Dieu accompli et définitif de ce monde nouveau. Signe qu’il a gagné, que son travail est accrédité, que le monde débouche sur un avenir, qu’il a la promesse de sa réussite. Tout devient possible.


Son expansion par les réseaux naturels et les associations volontaires


Or, dans son travail d’apôtre, Paul s’est déplacé de ville en ville, au nord d’Antioche en Syrie, puis encore plus au nord-ouest sur le grand territoire de la Turquie actuelle, vers l’Europe pour traverser en Macédoine et en Grèce. Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a rassemblé du monde, des gens, pour leur annoncer de quoi améliorer leur vie, pour qu’ils croient en Jésus et en son projet de transformation, pour qu’ils renouvellent leur manière de vivre, qu’ils s’entraident, se réalisent comme société humaine. Et pour faire cela, pour évangéliser, Paul est passé par les réseaux naturels de relation, les réseaux sociaux du temps, les réseaux de travail, de loisirs, les associations volontaires de travailleurs, de voisins ou d’amis. Il parlait dans les places publiques de rassemblement citoyen. Dans le monde grec, il prenait la parole dans ce lieu civil appelé « ecclésia », un amphithéâtre circulaire à gradins étagés où l’on traitait des affaires communes de la ville, que l’on voit encore aujourd’hui quand on visite les lieux archéologiques gréco-romains. C’est ce terme qu’on a pris – Ecclésia, Église en français – pour nommer le rassemblement chrétien. Dans ces villes, Paul et ses compagnons transmettaient aussi les décisions de l’Assemblée de Jérusalem pour que les chrétiens s’abstiennent des pratiques du paganisme comme les sacrifices, l’idolâtrie, l’immoralité. Et notre texte dit que « les Églises s’affermissaient dans la foi et les fidèles augmentaient chaque jour » (Actes 16, 5). Bref, Paul et ses gens y portaient la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu en paroles et en actes. Et ils utilisaient les réseaux sociaux pour le faire.


Le Cercle des Fermières, une association volontaire


Le Cercle des Fermières n’a-t-il pas des points de similitude avec cette réalité des débuts du christianisme ? Vous êtes un rassemblement citoyen, une association volontaire, qui s’engage pour rendre le monde meilleur, pour aider et entraider, pour produire des fruits d’amour, de justice et de civilisation.


Le Cercle des Fermières de Saint-Laurent est une association féminine qui a été regroupée pour contrer l’isolement, pour resserrer la solidarité, d’abord en milieu rural, dans le vieux village de Saint-Laurent qui s’est depuis fortement urbanisé. Le terme de «fermières» témoigne des racines de votre association, mais la grande majorité d’entre vous n’habitent plus sur des fermes. Vous êtes cependant regroupées comme depuis le début, afin de constituer une force, une force sociale, une force pour aider les femmes à trouver leurs droits, une force pour améliorer la condition des femmes, une force de conservation de la tradition … et qui dit tradition dit transmission notamment du patrimoine culturel et artisanal.


Vous êtes regroupées pour agir sous mode de bénévolat. Vous êtes associées pour produire. Expertes aux mains agiles, vous tenez des ateliers d’apprentissage de l’artisanat, de la courte-pointe, des ceintures fléchées, du tissage, tricot, broderie. Vos ateliers sont aussi des lieux d’échange de connaissances et d’idées. Vous produisez des livres de recettes et de techniques de cuisine traditionnelle. Puis vous produisez de l’aide et de l’entraide pour le bien-être des enfants, notamment le traitement adéquat des enfants autistes, pour le bien-être des itinérants en les accompagnant et les aidant à se prendre en mains. Vous amassez des fonds pour des causes humanitaires.


Invitation à tenir bon


Le message de l’Évangile d’aujourd’hui complète le tableau (Jean 15, 18-21). Ce texte paraît loin de votre situation. Pourtant il peut dire encore quelque chose. Jean s’adresse à une Église persécutée. D’où le sens péjoratif qu’il donne au terme de «monde» : un monde embrouillé, mêlé, un monde d’intrigue ou de corruption, un monde mauvais à restaurer. C’est ainsi qu’il dit à ses disciples : « Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous ». Puis il continue : vous risquez d’être persécutés comme je l’ai été. « Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé ». À connaître vraiment Celui qui envoie, on sait qu’Il veut l’accomplissement du monde, Lui qui l’a créé dans sa Sagesse.


Pour nous, pour vous aujourd’hui encore, c’est une invitation à tenir bon. À servir malgré des forces adverses. Et pour les chrétiens et chrétiennes, c’est un renvoi à leurs motivations profondes. La logique du rassemblement, la logique de l’association pour défendre des valeurs et pour produire des fruits d’amour, de compassion, de justice, cela fait partie de notre tradition chrétienne. Le Cercle des Fermières de Saint-Laurent fait ce que faisaient les associations volontaires des premiers siècles qui ont fait connaître, organiser et rayonner le christianisme et s’engager les chrétiens.  Comme ces associations volontaires, nous apprenons à reconnaître la mission de l’Envoyé de Dieu, la mission des disciples à sa suite ; nous apprenons à réaliser quelque chose du rêve de Dieu qu’il nous a confié : que l’humanité atteigne sa pleine humanité.


Rendons grâce à Dieu pour les 70 ans du Cercle des Fermières de Saint-Laurent, pour 70 ans de fraternité, de solidarité, de service du patrimoine de notre culture, pour 70 ans d’engagement social ! Unissons nos vies et nos projets à l’offrande de Jésus, à l’offrande de sa vie réactualisée symboliquement dans l’Eucharistie pour notre bénéfice à tous.



Unité pastorale St-Laurent

Paroisse St-SixteAndré Charron c.s.c.








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