Enrichissement

 



Diacres de Jésus-Christ


L’Église qui est à Montréal est en fête! En effet, j’aurai la joie d’ordonner quatre nouveaux diacres vendredi prochain (4 décembre 2009) à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Une petite page d’histoire diocésaine s’écrira soir-là puisque pour la première fois, diacres permanents et diacre transitoire seront ordonnés ensemble. J’y vois là un clin d’œil du Seigneur en cette année sacerdotale.

Ce n’est pas la première fois que je vous entretiens sur le ministère des diacres. Nous les voyons de plus en plus en action dans notre diocèse dans différents champs d’activités. Mais les connaissons-nous vraiment?

Depuis l’instauration du diaconat permanent dans le diocèse de Montréal en 1974, plus d’une centaine de diacres ont été et sont toujours à l’œuvre dans différentes activités ecclésiales. Je me permets de rappeler ce qui constitue la nature du diaconat permanent : « …par son ordination, le diacre permanent est configuré au Christ-Serviteur. Il en est, au milieu de la communauté, le signe sacramentel. Il rappelle et appelle au service tous les membres de l’Église; il exerce, au nom de la communauté un ministère qui actualise la présence du Christ-Serviteur dans la liturgie, l’annonce de la Parole, et l’exercice de la charité, particulièrement auprès des pauvres comme ceux et celles qui sont physiquement ou moralement loin de l’Église » (Nature et exercice du diaconat permanent, Orientations diocésaines 2001, p.6).

Pour cette mission, le Seigneur appelle et choisit des hommes qui viennent de toutes les couches de la société, qui exercent des métiers et des professions divers, qui sont habituellement mariés et qui de plus, contribuent avec leurs épouses à l’éducation de leurs enfants. Bref, le Seigneur choisit des membres de son Église pour les redonner à son Église, « non en vue du sacerdoce, mais en vue du ministère de service » (Lumen Gentium No. 29) et « plus particulièrement pour le service de l’évêque » (Hyppolite de Rome, Tradition apostolique, 8).

Quel que soit le ministère confié à un diacre permanent, j’insiste toujours pour que celui-ci soit rattaché à une communauté chrétienne, afin qu’il y retrouve une communauté de célébrants, plus particulièrement à l’occasion du Jour du Seigneur. Au sein de notre Église diocésaine, il m’incombe la responsabilité de donner aux communautés les ministres ordonnés dont elles ont besoin pour la réalisation de la mission. Cette mission, elle a été précisée de manière claire dans une lettre adressée par le Cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, adressée à tous les diacres permanents à l’occasion de la fête de Saint-Laurent.

Deux aspects de cette missive ont attiré mon attention : « Le ministère de la Parole, d’une manière spéciale pour les diacres, trouve en Saint-Étienne, diacre et martyr, un grand modèle, et exige des ministres ordonnés un effort constant pour l’étudier et la faire sienne en même temps qu’ils la proclament aux autres…La seconde réflexion concerne le ministère de la Charité, dont le grand modèle est Saint-Laurent…Le diaconat prend ses racines dans l’organisation ecclésiale de la charité…La richesse de l’Église, ce sont les pauvres » (Lettre aux Diacres permanents, Congregatio pro Clericis, 10 août 2009). Ces observations nous rappellent à tous, et plus précisément aux diacres, ce vers quoi doivent tendre leur vie.

Les diacres permanents ne sont pas des prêtres, mais ils partagent avec leurs confrères prêtres et évêques et selon leur vocation spécifique, la grâce que leur confère le sacrement de l’Ordre. Ministres du seuil, les diacres permanents, avec l’appui de leurs épouses, témoignent dans leur milieu professionnel et dans leurs communautés chrétiennes de la présence du Christ qui s’est fait le serviteur de tous.


† Jean-Claude Turcotte
Archevêque de Montréal



Les chemins nouveaux

Mot du Cardinal J.C.Turcotte, courriel du mercredi 3 février 2010

Lorsque Jésus a ordonné à Simon d’avancer au large pour jeter les filets, la pêche fut miraculeuse. Notre pêche semble moins miraculeuse aujourd’hui qu’hier! Nous devons regarder la réalité en face et, surtout, maintenir vives notre foi et notre espérance. Car, si certaines pratiques sont en décroissance, nous croyons que le Seigneur ne nous a pas abandonnés à nos problèmes!

L’Église peut exister d’une façon autre que celle que nous avons connue jusqu’à présent. L’Esprit nous conduit sur des chemins nouveaux. Qui aurait pu prédire que nous serions en mesure de prendre en charge l’accompagnement des plus jeunes dans leurs parcours de foi? Les communautés se sont organisées et elles ont réussi, malgré les ratés et les difficultés que cela engendre. Combien de parents se sont rapprochés de la vie de l’Église à travers le cheminement offert à leurs enfants! Voilà de nouvelles façons de tendre les filets. Bravo et merci à tous ceux et celles qui participent, de près ou de loin, à ce nouveau champ missionnaire.

Le fait d’annoncer Jésus-Christ aujourd’hui ne signifie pas que nous retrouverons le monde tel que nous l’avons connu. Le contexte social d’aujourd’hui ne se prête plus à l’exercice de la religion de la même façon. Notre devoir est double : d’une part, maintenir notre espérance et notre confiance dans le Seigneur et d’autre part, participer activement à la vie de l’Église aujourd’hui. Laisser naître du nouveau représente un défi de taille, mais l’Église n’en est pas à son premier virage, ni à son dernier.

L’opération « relance » amorcée en octobre dernier est l’occasion d’oser s’aventurer sur des sentiers nouveaux. Rappelons-nous les deux pôles de notre projet diocésain : à l’écoute et à la rencontre du monde. Place à la créativité!

C’est notre foi et notre espérance qui permettront au Seigneur d’appeler à sa suite toujours plus de personnes. Quelle est notre force d’interpellation? Nos vies personnelles et familiales sont concernées, de même que notre vie en communauté chrétienne, nos organisations paroissiales et nos rassemblements de toutes sortes. Il y a des pratiques et des habitudes qui ne sont pas interpellantes; à la limite, elles sont contre-productives. Il nous faudra les laisser mourir. Il y a, par contre, des lieux de vie qui annoncent une réalité autre; soyons attentifs, ils nous indiquent des chemins à prendre, à soutenir et à encourager.

La journée mondiale de la vie consacrée, célébrée le 2 février, est l’occasion de nous sensibiliser à devenir toujours plus interpellants, de toutes sortes de manières. Soyons des relais pour que l’appel du Seigneur à la vie consacrée et au ministère ordonné touche et transforme; que toute notre vie s'ouvre au désir de tout donner pour suivre le Christ.

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Le courriel du mercredi en provenance de l’Archevêché de Montréal tient les chrétiens du diocèse informés sur la vie pastorale et spirituelle de l’Église qui est à Montréal

http://www.diocesemontreal.org/courriel_mercredi/volume_iv/20100203_courriel_005_fr.htm





 

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