Exultet

 


Redécouvrir l’Exultet !


Vous trouverez dans cette page trois versions, une latine et deux françaises.


Missel latin, édition typique, 2002


Exultet iam angelica turba caelorum : exultent divina mysteria : et pro tanti Regis victoria tuba insonet salutaris.

Gaudeat et tellus tantis irradiata fulgoribus : et, aeterni Regis splendore illustrata, totius orbis se sentiat amisisse caliginem.

Laetetur et mater Ecclesia, tanti luminis adornata fulgoribus : et magnis populorum vocibus haec aula resultet.

Gratias agamus Domino Deo nostro.
Dignum et iustum est.

Vere dignum et iustum est, invisibilem Deum Patrem omnipotentem Filiumque eius unigenitum, Dominum nostrum Iesum Christum, toto cordis ac mentis affectu et vocis ministerio personare.

Qui pro nobis aeterno Patri Adae debitum solvit, et veteris piaculi cautionem pio cruore detersit.

Haec sunt enim festa paschalia, in quibus verus ille Agnus occiditur, cuius sanguine postes fidelium consecrantur.

Haec nox est, in qua primum patres nostros, filios Israel eductos de Aegypto, Mare Rubrum sicco vestigio transire fecisti.

Haec igitur nox est, quae peccatorum tenebras columnae illuminatione purgavit.

Haec nox est, quae hodie per universum mundum in Christo credentes, a vitiis saeculi et caligine peccatorum segregatos, reddit gratiae, sociat sanctitati.

Haec nox est, in qua, destructis vinculis mortis, Christus ab inferis victor ascendit.

Nihil enim nobis nasci profuit, nisi redimi profuisset.

O mira circa nos tuae pietatis dignatio !

O inaestimabilis dilectio caritatis : ut servum redimeres, Filium tradidisti !

O certe necessarium Adae peccatum, quod Christi morte deletum est !

O felix culpa, quae talem ac tantum meruit habere Redemptorem !

O vere beata nox, quae sola meruit scire tempus et horam, in qua Christus ab inferis resurrexit !

Haec nox est, de qua scriptum est : Et nox sicut dies illuminabitur : et nox illuminatio mea in deliciis meis.

Huius igitur sanctificatio noctis fugat scelera, culpas lavat : et reddit innocentiam lapsis et maestis laetitiam.

Fugat odia, concordiam parat et curvat imperia.

 

In huius igitur noctis gratia, suscipe, sancte Pater, laudis huius

sacrificium vespertinum, quod tibi in hac cerei oblatione sollemni,

per ministrorum manus de operibus apum, sacrosancta reddit

Ecclesia.

Sed iam columnæ huius præconia novimus, quam in honorem Dei

rutilans ignis accendit.

Qui, licet sit divisus in partes, mutuati tamen luminis detrimenta

non novit.

O vere beata nox, in qua terrenis caelestia, humanis divina iunguntur !

Oramus ergo te, Domine, ut cereus iste in honorem tui nominis consecratus, ad noctis huius caliginem destruendam, indeficiens perseveret.

Et in odorem suavitatis acceptus, supernis luminaribus misceatur.

Flammas eius lucifer matutinus inveniat : Ille, inquam, lucifer, qui nescit occasum : Christus Filius tuus, qui, regressus ab inferis, humano generi serenus illuxit, et vivit et regnat in saecula saeculorum.

Amen.



Missel traduit en français (AELF), 1971


Exultez de joie, multitude des anges, exultez, serviteurs de Dieu, sonnez cette heure triomphale et la victoire d’un si grand roi.

Sois heureuse aussi, notre terre, irradiée de tant de feux, car il t’a prise dans sa clarté et son règne a chassé ta nuit.

Réjouis-toi, mère église, toute parée de sa splendeur, entends vibrer dans ce lieu saint l’acclamation de tout un peuple.

Rendons grâce au Seigneur, notre Dieu.
Cela est juste et bon.

Vraiment, il est juste et bon de chanter à pleine voix et de tout coeur le Père tout-puissant, Dieu invisible, et son Fils unique, Jésus Christ, notre Seigneur.

C’est lui qui a remis pour nous au Père éternel le prix de la dette encourue par Adam; c’est lui qui répandit son sang par amour pour effacer la condamnation du premier péché.

Car voici la fête de la Pâque dans laquelle est mis à mort l’Agneau véritable dont le sang consacre les portes des croyants.

Voici la nuit où tu as tiré d’Égypte les enfants d’Israël, nos pères, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec.

C’est la nuit où le feu d’une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché.

C’est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd’hui et dans tout l’univers, ont mis leur foi dans le Christ : nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints.

Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé, victorieux, des enfers.

 

Merveilleuse condescendance de ta grâce !

Imprévisible choix de ton amour : pour racheter l’esclave, tu livres le Fils.

Il fallait le péché d’Adam que la mort du Christ abolit.

Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur.

Car le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés.

 

Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où lhomme rencontre Dieu.

Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père saint, en sacrifice du soir, la flamme montant de cette colonne de cire que l’Église t’offre par nos mains.

Permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin dans cette nuit.

Qu’il soit agréable à tes yeux, et joigne sa clarté à celle des étoiles.

Qu’il brûle encore quand se lèvera l’astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ, ton Fils ressuscité, revenu des enfers, répandant sur les humains sa lumière et sa paix, lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.


Traduction française plus respectueuse de l’original


Exulte de joie,  multitude des anges ! Exultez, vous tous autour du trône divin ! Que sonne la trompette du salut pour la victoire d’un si grand Roi !

Réjouis-toi,  notre terre, dans le rayonnement de ton éclat : nimbée de la splendeur du Roi éternel, prends conscience que tu t’es dépouillée de toute obscurité !

Réjouis-toi, ô mère Église, toute parée d’un tel éclat, et que ces murs résonnent maintenant de l’acclamation de notre assemblée !

Rendons grâce au Seigneur, notre Dieu.
Cela est juste et bon.

Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix, de toute notre âme et de tout notre coeur, le Dieu Père invisible et tout puissant, et son Fils unique Jésus Christ notre Seigneur.

C’est lui qui pour nous a remis la dette d’Adam au Père éternel et qui a payé de son sang la caution pour l,ancien péché.

Car voici la fête de la Pâque où l’Agneau véritable est immolé, lui dont le sang a consacré le linteau des fidèles.

Voici la nuit où tu as tiré d’Égypte nos pères, les fils d’Israël et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec.

Voici donc la nuit où le feu de la colonne de nuée a repoussé les ténèbres du péché.

Voici la nuit qui, partout aujourd’hui, soutire aux vices du monde et à la souillure du péché tous ceux qui croient au Christ, les ramène à la grâce et les associe à la sainteté.

Voici la nuit où les liens de la mort sont brisés et le Christ s’élève victorieux des enfers.

Que nous valait notre naissance si elle ne nous avait valu la rédemption ?

Ô combien admirables les égards de ta compassion pour nous !

Ô combien inestimable la tendresse de ton amour : pour racheter l’esclave, tu as livré le Fils.

Ô combien nécessaire le péché d’Adam qu’a détruit la mort du Christ !

Ô heureuse faute qui nous valut un si grand Rédempteur !

Ô nuit vrai ment bienheureuse qui seule a mérité de connaître le temps et l’heure où le Christ est ressuscité du séjour des morts.

Voici la nuit dont il est écrit : «  Et la nuit éclairera comme le jour, et la nuit sera ma clarté pour ma joie. »

La sainteté de cette nuit chasse donc les crimes, lave les fautes, rend l’innocence aux pécheurs et la joie à ceux qui pleurent.

Elle chasse la haine, elle amène la paix, et elle abaisse les puissants.

 

Dans la grâce de cette nuit, reçois donc, Père très Saint, ce sacrifice de louange que te présente la très sainte église par les mains de ses ministres dans l’offrande solennelle de la cire, fruit du travail des abeilles.

Nous comprenons enfin le message de cette colonne qu’a allumé en l’honneur de Dieu un feu rutilant.

Ce feu, même partagé, ne connaît pas de diminution de sa brillance.

Car il se nourrit de la cire fondante que la Mère Abeille a façonnée dans la substance de cette précieuse lampe.

Ô vraiment bienheureuse nuit, où le ciel rejoint la terre, où le divin rejoint l’humain !

Seigneur, permets donc que ce cierge pascal, consacré en l’honneur de ton nom, continue sans faiblir à disperser les ténèbres de cette nuit.

Reçu dans une odeur agréable, qu’il joigne sa clarté aux luminaires célestes.

Qu’il brûle encore quand se lèvera l’Astre du matin, cet Astre, dis-je, qui ne connaît pas de couchant, le Christ, ton Fils, qui, revenu des enfers, répand sur les hommes sa lumière et sa paix et vit et règne pour les siècles des siècles.

Amen.




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